L'Algérie
LEMONNIER Henry
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Ouvrage d’éducation morale et civique destiné à la jeunesse française, le livre de Lemonnier propose une histoire à la fois narrative, pédagogique et résolument favorable à la présence française en Algérie. Il articule son propos autour de trois grands ensembles : le passé du pays, la conquête, puis le bilan de la colonisation.
La première partie inscrit l’Algérie dans le cadre plus large du Maghreb (« pays du couchant »). Lemonnier rappelle les grandes strates historiques : Numides et Carthaginois, domination romaine (présentée comme une période de prospérité matérielle et d’aménagements durables), puis conquêtes arabes et régence ottomane d’Alger. Il insiste longuement sur la piraterie barbaresque et l’insécurité maritime qu’elle aurait imposée pendant des siècles à l’Europe, ce qui sert de toile de fond justificative à l’intervention française.
Le cœur du livre est consacré à la prise d’Alger (1830) et à la conquête de l’Algérie (1830-1847). Lemonnier décrit avec force détails militaires le débarquement de Sidi-Ferruch, les combats de Staouëli, le siège du Fort l’Empereur et la capitulation du dey. Il suit ensuite pas à pas la guerre contre Abd-el-Kader, qu’il présente comme un adversaire intelligent et énergique mais finalement contraint par la supériorité française. Une place centrale est accordée à l’action du maréchal Bugeaud, dont le système des « colonnes mobiles » et la guerre de poursuite sont décrits comme décisifs. Des épisodes emblématiques (Macta, Constantine, Smalah, Isly, Sidi-Brahim) sont mobilisés pour illustrer à la fois les difficultés de la guerre et l’héroïsme des troupes françaises.
La dernière partie dresse un bilan de la colonie après un demi-siècle de présence française. Lemonnier met en avant la progression de la population européenne, l’extension du territoire civil, le développement des routes, des centres de peuplement et de l’agriculture, ainsi que l’organisation administrative (départements, territoires militaires, bureaux arabes). Il reconnaît des lenteurs et des hésitations initiales, mais souligne des progrès « incontestables ».
La conclusion est clairement incitative : l’Algérie doit être considérée comme un prolongement de la patrie au-delà de la Méditerranée ; tous les Français, même restés en métropole, sont invités à la connaître et à s’y intéresser comme à une partie intégrante de l’unité nationale.
