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L'Algérie. Un moyen simple de faire un pas en avant

KOB L.
publié en 1880

Le texte est un pamphlet-programme de colonisation, polémique et prescriptif, qui entend proposer un « moyen pratique » pour résoudre ce que l’auteur appelle le « problème algérien ». Kob part d’un constat alarmiste : près de trois millions d’« indigènes » formeraient une masse compacte, peu intégrée et potentiellement hostile ; la France, quarante ans après 1830, n’aurait pas réussi à faire venir une population européenne suffisante pour stabiliser durablement la colonie.

La thèse centrale est démographique : pour « faire un pas en avant », il faut amener massivement des Français en Algérie (l’objectif avancé est d’en fixer environ un million). À ses yeux, ni la domination militaire, ni l’administration, ni même la seule mise en valeur agricole ne suffisent sans ce basculement de population.

Kob critique durement les politiques antérieures. Il juge illusoire l’idée de « coloniser sans colons » et considère que la France s’est montrée timorée, trop coûteuse et trop lente. Il refuse à la fois la simple cohabitation et la domination brutale : ce qu’il préconise est une colonisation de peuplement organisée par l’État, appuyée sur des calculs concrets.

Une large partie du texte est consacrée à des propositions économiques très chiffrées (inspirées d’exemples américains, notamment Iowa et Martin County). Kob imagine des concessions de 25 à 50 hectares vendues à bas prix, des avances publiques pour bâtir, s’équiper et cultiver, et des facilités de transport (routes, rails, ports). Selon lui, ces investissements seraient rapidement compensés par la production agricole, la fiscalité et la croissance démographique.

Il insiste aussi sur la transformation du travail indigène : mécanisation, organisation rationnelle, passage d’une agriculture « primitive » à une agriculture intensive à l’européenne. Les indigènes devraient, selon lui, devenir une main-d’œuvre encadrée et productive plutôt qu’une population laissée à l’écart.

Kob multiplie les comparaisons avec les États-Unis et l’Angleterre pour défendre l’idée que les grandes puissances ont réussi par la combinaison de capital, technique et peuplement. Il rejette les « utopies humanitaires » comme les excès militaires : seule compterait une politique cohérente, continue et massive.

La conclusion est nettement nationaliste : l’Algérie doit devenir un prolongement vital de la France républicaine ; si l’on agit vite, méthodiquement et avec des moyens financiers importants, la colonie « prospérera » — sinon, elle resterait une charge et un danger.