Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

L'Algérie : histoire des guerres des Romains, des Byzantins et des Vandales

DUREAU de La MALLE
publié en 1852

Dureau de La Malle publie en 1852 un Manuel algérien destiné aux militaires (soldats et officiers), conçu comme un ouvrage portatif sur la géographie, l’administration ancienne et l’archéologie de l’Afrique du Nord, et plus précisément de la région correspondant à l’ancienne Régence d’Alger devenue « Algérie ». L’auteur précise que le livre repose sur une traduction fidèle des sources antiques et qu’il répond à un besoin d’information pratique et historique.

L’Introduction constitue le cœur du texte. Elle propose un vaste résumé des faits historiques relatifs à la conquête et à l’occupation de l’Afrique septentrionale par Rome, depuis Scipion l’Africain (victoire sur Carthage et Syphax) jusqu’à la création des provinces de Numidie, d’Afrique et des deux Mauritanies (Césarienne et Tingitane) sous Claude. Dureau de La Malle insiste sur la lenteur et la prudence de la conquête romaine : Rome avance par étapes, privilégie des rois alliés (Massinissa, Juba II), établit des colonies militaires et commerciales sur le littoral, et évite longtemps de contrôler directement l’intérieur.

L’auteur met en parallèle cette méthode romaine avec l’Algérie française des années 1830 : il critique l’impatience française et défend l’idée que la persévérance (perseverantia vincit) est la clé d’une domination durable. Il voit dans l’exemple romain une leçon de politique coloniale.

La seconde partie analyse la Mauritanie sous l’Empire : annexion sous Claude, révolte d’Œdémon après l’exécution de Ptolémée, pacification par Suetonius Paulinus, création d’un réseau de colonies et de forteresses, mais persistance de troubles avec les Maures et les Gétules. L’auteur souligne que, malgré une occupation militaire dense, l’Afrique romaine n’a jamais été totalement pacifiée.

Enfin, Dureau de La Malle élargit la perspective en expliquant la crise de l’Empire à partir du IIe siècle : épuisement démographique, recours accru aux barbares dans l’armée, diffusion du christianisme, révoltes provinciales et pressions extérieures. L’Afrique participe de ce mouvement général, connaissant à la fois intégration romaine (urbanisation, latinisation, colonies) et résistances locales récurrentes.