L'Algérie
ALZONNE Clément
L’ouvrage se présente comme une histoire illustrée de l’Algérie, écrite dans une perspective synthétique et pédagogique, mêlant récit historique, évocation culturelle et iconographie (photographies et illustrations en couleurs). Dès l’Introduction, Alzonne affirme que l’Algérie est « la fille aînée de la France », mais il insiste surtout sur la profondeur historique du pays : une terre de transitions entre Méditerranée et Sahara, marquée par des strates de civilisations successives que le paysage seul ne suffit pas à faire comprendre.
Le chapitre I (« Avant Rome ») décrit les populations anciennes de l’Afrique du Nord. L’auteur évoque des traces préhistoriques (outils de pierre, tombeaux, peintures rupestres du Djebel Amour) et la présence des Berbères, présentés comme des cavaliers habiles, attachés à leur indépendance. Il rappelle ensuite le rôle des Phéniciens et de Carthage, puissance maritime fondant des comptoirs (Hippo, Carthage, Ténès, Alger, Dellys) et structurant un réseau commercial méditerranéen, jusqu’à l’affrontement final avec Rome en 146 av. J.-C.
Le chapitre II (« Jugurtha ») retrace la guerre entre Rome et le roi numide Jugurtha. Alzonne insiste sur la complexité politique (alliances, trahisons, corruption romaine) et sur la dureté du conflit en Afrique. La capture de Jugurtha par Bocchus de Maurétanie et sa mort à Rome en 104 av. J.-C. marquent la fin de l’indépendance numide et l’intégration progressive de la région dans l’orbite romaine.
Le livre montre ensuite l’œuvre romaine en Afrique : villes monumentales (Djemila, Timgad), routes, aqueducs, thermes, théâtres et ports. L’Algérie antique apparaît comme un espace prospère, urbanisé et profondément inséré dans l’Empire, avant les crises tardives.
Le chapitre III (« La fille de Cléopâtre ») se concentre sur Cléopâtre Séléné, fille de Cléopâtre VII, mariée au roi numide Juba II, qui fait de Cherchel (Iol/Caesarea) une capitale brillante mêlant culture grecque et romaine. Alzonne insiste sur le raffinement artistique, l’urbanisme et l’ouverture intellectuelle de cette cour.
Dans l’ensemble, le livre propose une grande fresque continue : des temps préhistoriques à Carthage, de Jugurtha à Rome, puis aux figures hellénistiques d’Afrique du Nord. Le propos est clair, narratif et largement appuyé sur des images (ruines, sites, paysages) destinées à rendre visible cette longue stratification historique.
