Algérie artistique et pittoressque
LARADE Eugène
L’ouvrage n’est ni un guide pratique ni une histoire continue, mais une revue mensuelle illustrée visant à donner une vision « artistique et pittoresque » de l’Algérie coloniale. Dirigée par Eugène Larabie et publiée à Alger par Gervais-Courtellemont, elle rassemble des contributions variées (historiens, archéologues, voyageurs, artistes, érudits locaux) et associe systématiquement textes et images.
La publication poursuit un double objectif : documenter et mettre en scène. Documenter, en offrant des études sur l’archéologie (ruines romaines, monuments islamiques, sites antiques), l’histoire locale et les paysages ; mettre en scène, en privilégiant des descriptions sensibles, des récits de voyage, des nouvelles « d’Orient » et des gravures ou photographies destinées à frapper l’imagination du lecteur métropolitain.
Le numéro dont provient l’extrait s’ouvre sur une table des matières qui annonce la diversité des rubriques : études historiques, notes archéologiques, observations sur les mœurs indigènes, chroniques artistiques et récits d’excursions. L’Algérie est présentée comme un espace à la fois ancien (strates puniques, romaines, musulmanes) et contemporain (territoire en cours d’aménagement par la France).
Une part importante du fascicule est consacrée à Tlemcen. Le texte retrace son passé préromain et médiéval, évoque la disparition d’édifices antiques, puis décrit la ville musulmane : mosquées, marabouts, quartiers anciens, jardins et artisanat. L’auteur insiste sur la continuité entre histoire et paysage, et sur la coexistence de ruines, de traditions vivantes et de présence coloniale.
La section Mansourah traite des environs de Tlemcen : vestiges, remparts, sites historiques et vues panoramiques. Le ton est à la fois érudit et littéraire, mêlant références historiques et impressions de voyage.
Dans l’ensemble, la revue construit une image de l’Algérie comme territoire de curiosité esthétique et savante : un pays à contempler, à étudier et à parcourir, où l’archéologie, le pittoresque et l’exotisme des « coutumes indigènes » servent de cadres à une représentation culturelle très marquée par le regard colonial de la fin du XIXᵉ siècle.
