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Almanach du petit colon algérien

MARCHAL Charles
publié en 1893

L’Almanach du Petit Colon algérien se présente d’abord comme un outil de vulgarisation pratique destiné aux colons, cultivateurs, immigrants, voyageurs et conscrits. Dans l’avant-propos (« Pourquoi un Almanach ? »), Charles Marchal revendique une filiation avec les grands almanachs populaires (Franklin, Sylvain Maréchal, Voltaire), mais récuse toute astrologie ou prophétisme : l’ouvrage veut éclairer le présent par l’observation et l’expérience, non prédire l’avenir. Il vise à fournir des « clartés de tout » utiles à la vie quotidienne en Algérie.

Une première partie de nature calendaire et culturelle rappelle le double repère chronologique (calendrier grégorien et année 1310 de l’Hégire), explique brièvement le sens de la Hedjera (fuite de Mahomet) et fournit des correspondances de dates.

Le cœur de l’almanach est très largement agricole et technique. Il propose des conseils mensuels de culture adaptés au climat algérien : assolements, usage des engrais (notamment l’engrais vert au lupin), semis de primeurs, irrigation, greffes, protection des raisins, préparation des vendanges, entretien du matériel vinaire et battage à la vapeur. Des études plus approfondies défendent des méthodes nouvelles, comme la culture du blé en lignes espacées ou l’usage raisonné des engrais chimiques, présentés comme plus efficaces et plus accessibles que le fumier dans de nombreuses zones.

L’ouvrage comporte aussi des notices administratives et militaires : règles de conscription propres à l’Algérie, conditions de sursis, statut des corps de l’Armée d’Afrique (Légion étrangère, Tirailleurs, Spahis), et procédure de réquisition des attelages en cas de mobilisation.

Un volet économique et social fournit de nombreuses données chiffrées : poids central de l’agriculture (plus de trois millions de personnes concernées), volumes de production céréalière et viticole, valeur croissante du matériel agricole, importance du cheptel (notamment des ovins), rôle du Crédit Foncier et des caisses agricoles, ainsi que le développement des Caisses d’épargne (majoritairement fréquentées par des déposants français).

Enfin, des pages plus descriptives et mémorielles dressent un tableau d’Alger transformée par la colonisation : comparaison entre le vieux rivage précolonial et les nouveaux quais, boulevards et édifices (Square de la République, Hôtel de l’Oasis, Banque de l’Algérie, hôtel du Crédit Foncier), accompagnée d’une tonalité fière quant aux progrès urbains réalisés.

L’ensemble forme ainsi un manuel composite — à la fois guide pratique, recueil statistique, vade-mecum administratif et tableau patriotique de l’Algérie française de la fin du XIXᵉ siècle.