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Commune de Constantine. Rapports du maire au conseil municipal. 1861.

Maire de Constantine
publié en 1861

Le rapport du maire de Constantine au conseil municipal (13 mai 1861) dresse le bilan administratif et financier de l’exercice 1860, en examinant successivement les recettes, les dépenses et la situation budgétaire générale de la commune.

En recettes, le maire distingue recettes ordinaires, extraordinaires et supplémentaires. Les recettes ordinaires dépassent les prévisions (667 258,09 F contre 598 920 F), grâce notamment au produit du mesurage du marché aux grains (222 000 F au lieu de 140 000 F) et aux droits d’abattage. Les revenus des biens communaux progressent lentement mais régulièrement. En revanche, la part de Constantine dans la répartition de l’octroi de mer chute fortement (114 353,10 F en 1860 contre 219 221,64 F en 1859), ce que le maire attribue à des facteurs structurels et à une sous-estimation officielle de la consommation indigène (fixée au 1/10e de la population). Il dénonce une inégalité défavorable à Constantine par rapport à Philippeville et Bône. Au total, les recettes nettes de 1860 s’élèvent à 697 328,73 F, en baisse par rapport à 1859.

En dépenses, le maire détaille quatre catégories : obligatoires, facultatives (ou extraordinaires), supplémentaires et dépenses sur autorisations spéciales. Les dépenses obligatoires concernent notamment l’entretien des bâtiments communaux, des aqueducs, fontaines et égouts (35 000 F), la voirie et le pavage (30 000 F), l’assistance médicale aux indigents et surtout l’instruction publique. Les crédits pour l’enseignement augmentent fortement depuis 1854 ; en 1860, 1 266 enfants sont scolarisés avec le concours de la commune. Le collège communal est désormais constitué et plusieurs écoles (laïques, confessionnelles et israélites) fonctionnent.

Parmi les dépenses facultatives, l’exercice 1860 est marqué par de grands travaux : construction d’une conduite d’eau depuis l’Oued-Bil-Braghtz, édification d’une halle en fer au marché aux grains (161 156 F), aménagements à l’abattoir, installation d’une nouvelle horloge à l’église, travaux de voirie et début de construction d’une école des Frères. La commune acquiert aussi plusieurs immeubles pour installer durablement la mairie et créer un musée.

Au résumé des comptes, les dépenses payées atteignent 892 811,34 F et les recettes encaissées 910 864,20 F, laissant un excédent de 18 052,86 F reporté sur 1861. Le maire souligne toutefois que cet excédent est faible comparé aux années précédentes et que de nouvelles charges pèsent déjà sur l’exercice suivant.

Enfin, le rapport replace 1860 dans une trajectoire plus longue : depuis 1854, les recettes de Constantine progressent régulièrement, faisant de la ville l’une des plus prospères d’Algérie après Alger, mais ses besoins restent considérables en raison de son relief, de son urbanisme et de l’héritage limité laissé par l’ancien budget local