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Commune de Constantine. Rapports du maire au conseil municipal. 1863.

Mairie de Constantine
publié en 1863

Le volume de 1863 réunit trois pièces financières : le compte administratif de l’exercice 1862, le budget supplémentaire de 1863 et des éléments préparatoires pour 1864. L’ensemble vise à rendre compte de la gestion municipale, à régulariser l’année écoulée et à ajuster les crédits en fonction des réalités constatées.

1) Compte administratif de 1862

Le maire ouvre par un diagnostic général : 1862 est une année de recul relatif des recettes, principalement à cause d’une mauvaise récolte qui fait chuter les droits de mesurage des grains (≈ 142 600 F au lieu d’environ 200 000 F les années précédentes). Pour éviter le déficit, la commune a contenu ses dépenses.

Le tableau rétrospectif (depuis 1854) montre que 1862 dégage un solde créditeur apparent de 55 210 F, mais ce boni est presque entièrement absorbé par des dépenses déjà engagées (≈ 51 941 F).

Recettes (nettes 1862 : 684 209,34 F)
Elles se répartissent en :

  • Ordinaires (≈ 670 654 F) : dominées par l’octroi de mer (151 445,97 F), les droits d’abattage (173 201 F), les droits de place des marchés (68 590,55 F) et surtout les droits de mesurage des grains en forte baisse. S’y ajoutent taxes sur loyers, permis de chasse, concessions d’eau, droits sanitaires, loyers communaux, taxe sur les chiens, etc., avec des restes à recouvrer importants.

  • Extraordinaires (≈ 1 454 F) : principalement des aliénations de voirie et frais de poursuite.

  • Supplémentaires (≈ 11 440 F encaissés sur 121 757 F inscrits) : reports d’excédents antérieurs, régularisations de créances anciennes, ventes de bois, attributions tardives (patentes, amendes), prestations vicinales converties en argent, produits accidentels.

Dépenses (≈ 608 178 F au total)

  • Dépenses ordinaires (507 578 F) :

    • Administration et perception : indemnité du maire (portée à 8 000 F), personnel et matériel de la mairie, état civil, remises du receveur, services des halles et abattoirs, police urbaine et du faubourg.

    • Biens communaux, salubrité, voirie : entretien des bâtiments (mairie, écoles, abattoirs, mosquée, dispensaire), eaux et égouts (25 000 F), petite voirie (20 000 F), chemins vicinaux (fort sous-emploi des crédits), éclairage (≈ 50 000 F), nettoiement des rues, cimetières et geôle.

    • Milice et pompes à incendie : soldes, équipements, réparations.

    • Bienfaisance : bureau de bienfaisance, médicaments aux indigents, secours, subvention à la Caisse d’épargne (4 372,80 F) dont le mouvement ralentit en 1862.

    • Instruction publique : financement des écoles (françaises, israélites, salles d’asile), du collège et loyers scolaires.

    • Cultes : subventions aux fabriques et loyers des logements du clergé.

    • Fêtes et imprévus : 9 500 F pour réceptions officielles, plus dépenses imprévues.

  • Dépenses extraordinaires (400 600 F) : surtout des travaux neufs (égouts de la rue de Sétif, rue Haute-Damrémont, boulevard de l’Est ; percement de la rue Sauzai ; études de promenades ; places Rabah-es-Souf et du Palais — cette dernière reportée faute d’accord ; maison communale et école du Hamma ; travaux liés au service des eaux de Sidi-Lakdar) ainsi que des indemnités et expropriations de voirie et le rachat de rentes grevant des biens communaux.

La balance finale du budget fait apparaître des recettes de 725 550 F, des dépenses de 608 178 F et un excédent global de 117 372 F.

2) Budget supplémentaire de 1863

Il est essentiellement un budget de reports de 1862 (restes à payer, crédits additionnels, régularisations). Sur 151 910,96 F inscrits, 121 865,64 F sont absorbés par des dépenses déjà votées. Il reste un excédent comptable d’environ 30 000 F, que le maire refuse d’affecter en raison de restes à recouvrer très élevés (≈ 86 957 F) dont la valeur réelle est incertaine.

3) Perspectives / ajustements (1864)

Des tableaux récapitulatifs montrent une réorientation des crédits, notamment : baisse des frais d’administration, forte dotation aux travaux publics, et hausse des crédits pour l’instruction publique et les subventions.

En résumé : 1862 est une année de tension conjoncturelle (récolte), mais la commune maintient l’équilibre par une gestion prudente, poursuit des investissements lourds (eau, égouts, voirie, écoles) et privilégie la prudence face à des créances douteuses reportées sur 1863.