Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

Commune de Constantine. Rapports du maire au conseil municipal. 1865.

Trumelet C (colonel)
publié en 1865

Le volume de 1865 réunit trois ensembles : le compte administratif de l’exercice 1864, le budget supplémentaire de 1865 et le projet de budget pour 1866. L’ensemble forme à la fois un bilan de gestion, un apurement comptable et une réorientation durable de la politique financière municipale.

1) Compte administratif de 1864

Le maire rappelle d’abord le contexte exceptionnel de 1864 : trois gestions successives (décès du maire Séguy-Villevaleix, intérim de l’adjoint Cordonnier, puis sa propre installation). Malgré cette situation, il estime que les opérations ont été conduites avec régularité.

Résultats globaux :

  • Recettes effectuées : 781 630,96 F

  • Dépenses payées : 658 597,91 F

  • Excédent reporté sur 1865 : 123 033,05 F.

Les recettes ordinaires (≈ 723 148 F) ont été proches des prévisions, mais laissent des restes à recouvrer importants (56 419 F), surtout sur la taxe des loyers, les prestations vicinales et l’impôt sur les chiens. Le maire insiste longuement sur le caractère anormal de cet arriéré et sur les mesures prises pour en accélérer l’apurement (deuxième porteur de contraintes, remise plus rapide des rôles par les Contributions).

Les recettes supplémentaires proviennent notamment de ventes de terrains communaux (rue de France, « folle enchère » Giraud), de cessions liées à des alignements et de régularisations comptables.

Les dépenses sont détaillées par chapitres réglementaires :

  • Dépenses obligatoires ordinaires (≈ 507 817 F payés) : administration et perception, entretien des biens communaux, salubrité et voirie, milice et pompes à incendie, bienfaisance, instruction publique, cultes, fêtes publiques.

  • Dépenses extraordinaires (≈ 59 737 F payés) : principalement des travaux publics.

Un tableau récapitulatif énumère les crédits additionnels hors budgets ouverts en 1864 (≈ 806 905 F au total), affectés surtout à l’eau et aux égouts (Oued-Bil-Bragtz, Pont-d’Aumale, Djebel-Ouach, rue de Sétif, rue Sidi-Lakdar), à la voirie, aux écoles, au déplacement du parc au bois et à diverses régularisations.

Les travaux publics réalisés en 1864 représentent 233 956,95 F : grosses réparations aux bâtiments, aqueducs et pavages, chemins vicinaux (dont 17 000 F pour Salah-Bey), indemnités d’alignement, achèvement de l’école laïque de garçons, bornes-fontaines et urinoirs, conduites d’eau, exploration des grottes du Mansourah, installation de la Bibliothèque et de la Caisse d’épargne, égouts de la rue de Sétif et Sidi-Lakdar, solde de la maison communale du Hamma.

2) Budget supplémentaire de 1865

Il mobilise 409 238,56 F de recettes :

  • Report du solde 1864 : 123 033,05 F ;

  • Restes à recouvrer antérieurs (ramenés à 166 247,06 F après remises préfectorales) ;

  • Recettes diverses (patentes, amendes, vente de l’ancien dispensaire : 20 100 F, vente de 15 lots rue de Sétif : 58 700 F, ventes de gré à gré, créance Giraud, régularisations).

Les dépenses supplémentaires (335 368,65 F) comprennent :

  • Restes à payer de 1864 (27 494,25 F) ;

  • Crédits reportés (notamment 50 170,82 F pour chemins vicinaux) ;

  • Crédits nouveaux : mobilier des justices de paix, dettes exigibles (maison Ben-Aïssa, rentes, locations domaniales), réparations et travaux sur les conduites d’eau (Djebel-Ouach, Sidi-Mabrouk, Fesguïa), projet de place du Palais et square Valée, suppléments d’entretien, subventions (fabrique, bureau de bienfaisance, artistes du théâtre), achat de la maison Arnaud (58 500 F) pour unifier les écoles israélites de garçons, indemnité au second pasteur protestant, 56 000 F pour le voyage de l’Empereur.
    Un excédent de 73 869,91 F est maintenu en réserve par prudence.

3) Projet de budget 1866

Le maire opère une réforme structurelle des dépenses obligatoires, qu’il jugeait devenues excessives (596 248 F en 1864). Il les ramène à 435 659 F, tout en améliorant l’efficacité des services.

Prévisions :

  • Recettes totales : 831 033,33 F (≈ 785 200 F « normales » hors ventes exceptionnelles).

  • Dépenses totales : 534 059 F (dont 60 000 F d’expropriations exceptionnelles).

  • Excédent net estimé : ≈ 300 000 F affectable aux travaux publics.

Le maire justifie cette orientation par les grands projets à venir : eaux de Fesguïa, théâtre, marché couvert, gaz, collège, agrandissement de la halle aux blés, et éventuel recours au Crédit foncier.

En conclusion : 1864-1866 marque un tournant : assainissement des restes à recouvrer, montée en puissance des investissements (eau, voirie, écoles), constitution de marges financières et passage d’une logique de dépenses courantes expansives à une logique d’épargne et d’investissement structurant.