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Commune de Constantine. Rapports du maire au conseil municipal. 1894.

Mairie de Constantine
publié en 1895

Le volume de 1894 présente trois volets : le compte administratif de l’exercice 1893, le budget supplémentaire de 1893 et, en filigrane, les enseignements financiers tirés pour les exercices suivants. L’ensemble vise à rendre compte avec précision de l’exécution budgétaire, à apurer les restes à recouvrer et à justifier les écarts par rapport aux prévisions.

1) Résultat général de 1893

Recettes totales (avec report de 1892) : 1 406 353,93 F.
Dépenses totales : 1 252 524,93 F.
Excédent global : 153 829 F, combinant le boni propre à 1893 (12 099,72 F) et l’excédent reporté de 1892 (141 729,28 F).

2) Recettes (1 261 624,65 F propres à 1893)

Recettes ordinaires (1 105 241,36 F encaissés) : elles reposent surtout sur la fiscalité locale et les produits domaniaux : taxe sur les loyers, droits d’abattage, marchés (grains, huiles, bestiaux), concessions d’eau, droits de voirie, poids public, loyers communaux, taxe sur les chiens, prestations vicinales. Les restes à recouvrer (49 898,36 F) concernent principalement trois impositions structurellement sous-réalisées : loyers, chiens et prestations vicinales. Un large tableau comparatif montre des écarts notables entre évaluation et fixation définitive (baisse marquée de l’octroi de mer et du mesurage des grains, hausse des droits d’abattage et de concessions d’eau).

Recettes extraordinaires (2 195,99 F) : surtout des aliénations de voirie et des recettes accidentelles (vente de vieux matériaux, criblures de la halle, remboursements divers, subvention d’État pour l’entretien de la route nationale à la place Nemours).

Recettes supplémentaires (298 916,58 F encaissés) :

  • Section I (reports) : reprise des restes à recouvrer de 1892, après admissions en non-valeur ; un reliquat de 90 030,06 F demeure à percevoir.

  • Section II (diverses natures) : contributions de riverains aux égouts, subventions (État pour l’école Sidi-Djellys, secours aux indigents), et un emprunt complémentaire de 60 000 F à la caisse des chemins vicinaux.

  • Section III (non prévues / autorisations spéciales) : emprunt pour prêts de semences (15 000 F), redevance des pompes funèbres, travaux de trottoirs, subvention pour secours aux indigènes (chantier de charité), taxe d’égouts Sidi-Mabrouk, et subvention départementale pour un collège de filles (10 000 F). Restes à recouvrer : 15 543,62 F.

3) Dépenses (1 252 524,93 F)

Dépenses ordinaires (679 171,49 F) structurées en grandes sections :

  • Administration et perception : traitements, services de perception, gardes champêtres ; quelques dépassements minimes régularisés.

  • Entretien des biens communaux, salubrité et voirie : lourds postes pour bâtiments (écoles, mairie, abattoir, halle aux grains, dispensaire), égouts et conduites d’eau (curages, réparations, bornes-fontaines), petite voirie (empierrements, pavages, trottoirs, barrières), promenades et squares, chemins vicinaux, éclairage public (64 400 F), nettoiement des rues (39 600 F), dispensaire, cimetières. Les travaux combinent régie municipale et entreprise, avec retenues de garantie reportées.

Dépenses extraordinaires (380 081,78 F) : investissements et travaux neufs (égouts, voirie structurante, équipements).

Des dépenses complémentaires ont été payées sur restes à payer antérieurs, crédits résolus de 1892, crédits supplémentaires et autorisations spéciales.

4) Appréciation générale

1893 apparaît comme un exercice équilibré et transparent : excédentaire, mais marqué par des restes à recouvrer persistants sur certaines taxes. La commune poursuit un effort soutenu sur l’eau, les égouts, la voirie et l’éclairage, tout en s’appuyant sur l’emprunt vicinal et des subventions pour financer écoles et équipements.