Recherches anthropologiques dans la Berbérie orientale. Tome 1.
BERTHOLON L. CHANTRE E.
L’ouvrage de Bertholon et Chantre se présente comme une vaste enquête scientifique consacrée aux populations de la « Berbérie orientale » (Tripolitaine, Tunisie, Algérie). L’Avant-propos expose d’abord le cadre intellectuel et historiographique du travail : les auteurs s’inscrivent dans une tradition de recherches européennes sur l’Afrique du Nord, rappelant les travaux antérieurs (voyageurs, militaires, administrateurs, savants) et soulignant que la connaissance des populations indigènes s’est surtout développée après la conquête de l’Algérie. Ils justifient leur démarche par l’insuffisance, à leurs yeux, des données disponibles et par la nécessité d’une méthode plus systématique.
Le projet est ensuite défini comme pluridisciplinaire et méthodique. Les auteurs annoncent une organisation en plusieurs parties : anthropométrie (mesures corporelles), craniométrie, ethnographie, terminologie des populations anciennes, considérations sur les caractères anthropologiques en lien avec l’histoire et, enfin, des éléments d’ethnographie. L’objectif affiché est de décrire, comparer et classer les populations de l’Afrique du Nord à partir de critères mesurables.
Une place importante est accordée aux questions de délimitation et de terminologie : les auteurs discutent ce que recouvre le terme « Berbérie », ses frontières géographiques, et la diversité des groupes qu’il englobe (Kabyles, Touareg, populations du Sahara, etc.). Ils insistent sur l’hétérogénéité des populations, tant du point de vue physique que linguistique et culturel, et mettent en garde contre les généralisations hâtives.
Le cœur méthodologique du volume repose sur des mesures anthropométriques réalisées sur plusieurs milliers d’individus (adultes hommes et femmes), avec des protocoles détaillés (taille, dimensions crâniennes, indices morphologiques). Les auteurs soulignent les difficultés pratiques des relevés de terrain (conditions climatiques, mobilité des populations, réticences locales) et justifient la rigueur de leurs procédures.
Enfin, le texte rend compte des appuis institutionnels et administratifs (autorités tunisiennes et algériennes, services de santé, militaires, chercheurs locaux) qui ont permis la collecte des données. Le volume se clôt sur l’annonce du développement ultérieur de ces analyses dans les chapitres suivants, à commencer par l’étude de la taille et de la « grande envergure » des populations de la Berbérie.
