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Appel en faveur d'Alger et de l'Afrique du Nord

- anonyme
publié en 1833

L’ouvrage est un plaidoyer politique et moral, rédigé par un auteur anglais anonyme, visant à dénoncer la colonisation française d’Alger et à réclamer l’indépendance des populations nord-africaines au nom du « bon droit ». Il part du constat qu’en 1830, une partie de l’opinion britannique avait d’abord espéré que l’expédition française contre Alger serait bénéfique à l’Afrique ; trois ans plus tard, cette espérance est jugée démentie par l’expérience.

Le cœur du raisonnement repose sur une proclamation française de mai 1830 adressée aux « Coulouglis » (fils de Turcs et d’Arabes), dans laquelle la France affirmait ne pas vouloir conquérir durablement Alger, promettait le respect des biens, de la religion et l’indépendance des habitants après la chute des Ottomans. L’auteur soutient que cette proclamation a été acceptée par les tribus et a facilité la défaite des Turcs, mais que la France a ensuite manqué à sa parole en imposant une domination militaire et coloniale.

Il dresse un réquisitoire contre cette politique : coûts financiers énormes pour la France, pertes humaines, violences contre les personnes, les propriétés et la religion musulmane, dépopulation et guerre permanente. Il rejette trois projets coloniaux débattus en France : l’« extermination » des indigènes, l’envoi d’aventuriers européens, et la transformation d’Alger en colonie pénale.

L’auteur réclame au contraire une indépendance réelle pour l’Afrique du Nord, conforme à la proclamation de 1830, et propose que les « naturels du pays » soient consultés sur leur forme de gouvernement, sous une protection bienveillante mais non dominatrice de la France et de l’Angleterre. Il présente cette solution comme à la fois juste et utile : elle garantirait la sécurité des Européens légalement établis, ouvrirait des relations pacifiques et favoriserait une « civilisation » réciproque.

L’ouvrage élargit ensuite la critique à la politique coloniale européenne en général, y compris britannique (Afrique du Sud, Australie, Tripoli), qu’il accuse de violences, d’arbitraire et de mauvaise foi. Il conclut que la seule voie honorable pour les puissances chrétiennes est de réparer leurs torts, respecter leurs engagements, épurer leurs administrations et fonder leur action sur la bonne foi plutôt que sur la conquête.