Exploration scientifique de l'Algérie. Archéologie. Gsell.
GSELL Stéphane
Le volume de Gsell n’est pas une œuvre de fouilles nouvelles, mais le texte explicatif destiné à accompagner l’album de 193 planches archéologiques dessinées par le capitaine Ad.-H.-Al. Delamare pendant la mission scientifique française en Algérie (1840-1845). L’introduction reconstitue d’abord, avec une grande précision chronologique, l’itinéraire de Delamare : ses campagnes dans la province de Constantine (Philippeville, Sétif, Guelma, Bône, Djemila, Lambèse, El Kantara, Biskra, Dellys, Bougie, Djidjelli), ses participations à des expéditions militaires, et ses séjours prolongés sur les principaux sites antiques.
Gsell insiste sur la nature du travail de Delamare : avant tout dessinateur archéologique, exécutant des relevés (aquarelles, sépias, croquis) d’inscriptions, de monuments, de mosaïques, de remparts, de portes, de tombeaux et de sculptures. Il rappelle que Delamare n’était pas épigraphiste, ce qui explique des lectures parfois fautives d’inscriptions, mais souligne que ses dessins ont sauvé de nombreux monuments aujourd’hui disparus.
Une large partie de l’introduction retrace ensuite le sort des dessins originaux : dispersion après 1850, existence de plusieurs collections (Sorbonne, Louvre, musée d’Alger, collections privées), et rôle de Léon Renier dans leur conservation et leur classement. Gsell décrit minutieusement le contenu de ces volumes (par sites : Lambèse, Timgad, Constantine, Philippeville, Sétif, Djemila, Bougie, Dellys, Djidjelli, Guelma, etc.).
Le cœur du livre consiste en un commentaire planche par planche : pour chaque planche, Gsell identifie les monuments représentés, précise leur localisation, leur datation probable (romaine, byzantine, hammadite, espagnole, ottomane ou française), et renvoie à la bibliographie (Atlas archéologique, Corpus des inscriptions latines, travaux antérieurs). Il décrit remparts, portes (Bab el Bahr, Bab el Fouka), bassins, fortifications espagnoles de Bougie, stèles funéraires, sarcophages, mosaïques, tombeaux rupestres, et vues anciennes de sites comme Djidjelli avant le séisme de 1856.
L’ouvrage se présente ainsi comme un répertoire critique et bibliographique : il ne cherche pas à réinterpréter les monuments, mais à identifier ce que Delamare a vu, à corriger quand nécessaire, et à fournir au lecteur les références indispensables pour l’étude scientifique de l’archéologie de l’Algérie du Nord.
