Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

Armée d'Algérie. Du dromadaire comme bête de somme

CARBUCCIA J. L. (général)
publié en 1853

L’ouvrage est à la fois un mémoire militaire et un traité pratique sur l’emploi du dromadaire dans les opérations françaises en Afrique du Nord. Après une dédicace au général Marey-Monge, Carbuccia expose le contexte : lors de l’expédition d’Égypte (1798), un service de dromadaires avait été organisé, mais sans véritable doctrine durable ; en Algérie, la question redevient centrale face aux contraintes du Sahara et des Hauts-Plateaux.

L’auteur défend la thèse que le dromadaire doit devenir un élément organique et permanent de l’Armée d’Afrique, non un simple expédient. Il critique les hésitations de l’administration militaire et les préjugés européens qui réduisent le dromadaire à un animal « exotique ». Il cite des avis favorables (Bugeaud, Changarnier, Oudinet) et discute ceux qui s’y opposent, notamment le général Oudinot.

Une première partie, à caractère quasi naturaliste, définit le dromadaire : origine du terme, caractéristiques zoologiques, distinction entre races (celle de bât, celle de course), capacités de marche, endurance, alimentation, résistance à la soif et adaptation au désert. Carbuccia réfute plusieurs erreurs des auteurs anciens et modernes sur l’histoire naturelle du dromadaire en Afrique.

La seconde partie est opérationnelle. L’auteur décrit l’organisation souhaitable d’un régiment de dromadaires : effectifs, encadrement, dressage, équipement, mode de portage, rations et soins vétérinaires. Il insiste sur l’utilité du dromadaire pour le transport du ravitaillement, de l’artillerie légère et des bagages, mais aussi comme monture militaire pour des unités mobiles (méharistes avant la lettre).

Carbuccia analyse ensuite des expériences récentes : essais menés par le général Marey, création de détachements spécialisés, difficultés initiales (discipline, logistique, résistance des chevaux), puis résultats positifs dans les régions sablonneuses. Il cite également le témoignage du général Yusuf, favorable au dromadaire pour les longues marches et les traversées désertiques.

L’ouvrage se conclut par un plaidoyer stratégique : pour sécuriser et administrer l’Algérie, la France doit disposer d’un service de dromadaires permanent, capable de prévenir les insurrections, soutenir les colonnes mobiles et assurer les communications dans les zones arides où la cavalerie et l’infanterie sont insuffisantes.