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Clinique médicale de l'Ecole de médecine d'Alger

EHRMANN J. (Dr)
publié en 1861

Le texte est un compte rendu scientifique d’activité hospitalo-universitaire portant sur le service de clinique médicale de l’École de médecine d’Alger pendant l’année scolaire 1859-1860, avec un accent particulier sur le premier semestre (hiver-printemps).

L’auteur commence par définir la spécificité de la nosologie algérienne, marquée par les conditions climatiques et palustres locales. Il soutient que l’Algérie offre à la fois des maladies « métropolitaines » typiques et des formes pathologiques modifiées par le milieu (chaleur, marais, saisonnalité), justifiant une clinique proprement africaine, complémentaire des travaux des médecins militaires.

Il décrit ensuite l’organisation du service : 42 lits (21 hommes, 21 femmes), deux cabinets payants, un roulement privilégié des malades et un internat récemment réorganisé. Sur la période totale, 401 malades ont été traités (238 hommes, 163 femmes), dont 258 au premier semestre, avec une mortalité détaillée par mois.

Une large partie du rapport est consacrée à l’analyse saisonnière des maladies. En été dominent les fièvres paludéennes (intermittentes, rémittentes, pernicieuses) associées presque constamment à une complication gastrique bilieuse. En hiver apparaissent davantage les affections respiratoires inflammatoires (pneumonies, bronchites, pleurésies), favorisées par un épisode météorologique exceptionnellement froid en février-mars 1860.

Le cœur du document est un bilan clinique systématique par appareils :

  1. Affections fébriles :

  • Prépondérance des fièvres paludéennes (67 cas d’intermittentes), souvent des rechutes estivales ; rôle central de la quinine, précédée de vomitifs/purgatifs si nécessaire.

  • Étude des formes pernicieuses (cérébrales) et discussion sur le rôle de la rate.

  • Fièvres éruptives (variole, varicelle, rougeole atypique, herpès zona, scarlatine maligne hémorragique, purpura).

  • Rareté de la fièvre typhoïde authentique ; distinction nette avec le typhus.

  • Six cas de choléra, presque tous mortels.

  1. Appareil digestif : embarras gastriques isolés, dysenteries fréquentes et parfois graves, souvent liées au paludisme ; traitements par ipéca, opium, bismuth et quinquina.

  2. Foie et péritoine : hépatites aiguës typiques (douleur à l’épaule), cirrhoses avec ascite, et un cas spectaculaire d’abcès hépatique de 14 litres de pus. Plusieurs péritonites et ascites sont décrites avec analyses cliniques et autopsiques.

  3. Appareil respiratoire, circulatoire et affections diverses (névralgies, goutte, érysipèle) sont également documentés.

L’ensemble vise à montrer la richesse du terrain clinique algérien, la nécessité d’une médecine adaptée au climat et l’intérêt scientifique de la clinique d’Alger pour la pathologie générale.