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Essai sur les assistances médicales et sociales à Alger

MOLINER Théodore
publié en 1903

L’ouvrage se présente comme une étude à la fois juridique, administrative et médicale des systèmes d’assistance à Alger au tournant du XXᵉ siècle. Dans l’Introduction, Moliner part d’une réflexion générale sur l’évolution du rôle du médecin : autrefois cantonné au soin individuel, il devient selon lui un acteur central de l’hygiène publique, de la protection de l’enfance, de la prévention des accidents du travail et, plus largement, de la « question sociale ». L’assistance n’est plus seulement une charité, mais tend à devenir une institution de réparation sociale.

Le Chapitre I traite d’abord de l’assistance médicale aux indigènes en Algérie. Moliner retrace l’histoire du « domicile de secours » (loi du 15 juillet 1893), qui détermine quelle commune doit prendre en charge un indigent malade. Il analyse les difficultés d’application en Algérie : mobilité des populations, vagabondage, différences entre métropole et colonie, et tensions financières entre communes. Il examine en détail les articles du décret du 19 décembre 1902 applicable à l’Algérie (conditions d’acquisition, de perte et de transfert du domicile de secours, prise en charge des enfants assistés, hospitalisation des indigents).

Il développe ensuite des études comparatives entre l’ancienne et la nouvelle législation, montrant que la réforme de 1893 a accru les charges des petites communes rurales, souvent démunies face aux afflux de nécessiteux. Il aborde également la question des dons et legs aux hôpitaux d’Algérie, qu’il juge insuffisants, et consacre un paragraphe aux accidents du travail : il regrette la non-application en Algérie de la loi métropolitaine de 1898, qui laisse selon lui trop souvent les ouvriers blessés à la charge des communes.

Le Chapitre II est consacré à l’assistance médicale et sociale à Alger proprement dite. Moliner dresse un inventaire précis des institutions :

  • pour l’assistance médicale : consultations gratuites de jour et de nuit, bureau d’hygiène, bureau de bienfaisance musulman, infirmerie communale, hôpital de Mustapha, visites à domicile, soins et médicaments gratuits ;

  • pour l’assistance sociale : secours en argent du bureau de bienfaisance, distribution de pain, « Bouche de pain », fourneaux économiques, aide par le travail, distributions de trousseaux, œuvre dite des « Gouttes de lait ».

Il décrit le rôle central de la commune d’Alger, qui finance et coordonne la plupart de ces services, mais souligne la dispersion des œuvres privées et le risque de doublons. Il plaide pour une direction municipale plus ferme afin d’éviter le « gaspillage de la charité ».

La thèse se conclut implicitement sur un constat : Alger dispose d’un réseau d’assistance relativement riche pour une colonie, mais fragmenté, inégal et juridiquement instable, nécessitant une harmonisation des règles, une meilleure répartition des charges communales et une articulation plus claire entre assistance médicale et assistance sociale.