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Batna

PÉRÈS Jean & DELESSERT Eugène
publié en 1875

L’ouvrage est une monographie économique et topographique destinée à démontrer la richesse potentielle de la subdivision de Batna et à justifier une colonisation agricole et industrielle plus active. L’introduction annonce un « aperçu des richesses de toutes natures » de la région, fondé sur des observations de terrain et des données chiffrées.

La première grande partie est consacrée à l’alfa, ressource présentée comme centrale pour l’avenir de Batna. Les auteurs décrivent sa qualité (longueur, résistance, peu de déchet), ses usages (papeterie, cordages, sparterie, chapellerie) et détaillent, tribu par tribu, les superficies exploitables. Ils évaluent environ 284 000 hectares d’alfa autour de Batna, dont ils estiment l’exploitation facile grâce à la future voie ferrée. Ils calculent ensuite le prix de revient (triage, pressage, transport) et proposent une classification commerciale en trois catégories (moyen, belle longueur, très-long), avec des rendements et besoins en main-d’œuvre précis. L’alfa est présenté comme une ressource capable de transformer l’économie locale et d’alimenter l’industrie française du papier.

La deuxième partie traite des eaux et des terres cultivables. Les auteurs décrivent les oueds (notamment l’Oued-Chaâba), les sources, les terrains alluviaux et les possibilités d’irrigation. Ils insistent sur le contraste entre zones arides et vallées fertiles, et estiment que, avec des aménagements, l’agriculture européenne pourrait prospérer (céréales, fourrages, jardins).

La troisième partie porte sur les bois. Les forêts de chêne vert, de pin d’Alep, de cèdre et de genévrier sont décrites en termes de superficie et de valeur commerciale. Les auteurs calculent le coût d’une « traverse » de bois pour le chemin de fer, évaluent les bénéfices possibles et soulignent l’intérêt stratégique du cèdre pour la construction. Ils notent aussi l’existence de bois rares (cèdre rouge) et plaident pour une exploitation méthodique plutôt que prédatrice.

La dernière partie concerne les mines. La région du Djebel-Tuggurt est présentée comme très prometteuse : gisements de cuivre, de fer et de plomb, avec analyses de teneur et calculs de coûts d’extraction et de transport jusqu’à Batna puis Philippeville. Les auteurs jugent l’exploitation techniquement possible et potentiellement très rentable, à condition d’investissements en routes et en voies ferrées.

L’ouvrage se conclut implicitement par un plaidoyer en faveur des infrastructures (surtout le chemin de fer), condition jugée indispensable pour valoriser l’alfa, le bois et les minerais. Batna apparaît ainsi comme un territoire riche mais encore sous-exploité, appelé à devenir un pôle agricole, forestier et minier de l’Algérie française.