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De l’acclimatement des races humaines. De l'Algérie.

BERTILLON Jacques
publié en 1880

De l'Algérie es tle chapitre XI de "L'acclimation des races humaines" de Jacques Bertillon.

Bertillon examine l’Algérie comme terrain d’observation privilégié de l’“acclimatement des races humaines”, c’est-à-dire de leur capacité à vivre, travailler et se reproduire durablement hors de leur milieu d’origine. Il s’appuie principalement sur les données démographiques et sanitaires recueillies par le Dr Ricoux (notamment la Démographie figurée de l’Algérie, 1880).

Il commence par rappeler que l’Algérie n’est pas un espace homogène : climat, altitude, humidité et paludisme varient fortement entre le littoral, la Mitidja, les Hauts Plateaux et le Sahara. Cette diversité explique, selon lui, des résultats très inégaux de la colonisation européenne.

Bertillon analyse ensuite la mortalité des colons européens. Il constate que les Européens, surtout les nouveaux arrivants, subissent une surmortalité notable dans certaines zones (marécageuses ou très chaudes), tandis que d’autres régions sont relativement salubres. Il insiste sur le rôle décisif de l’hygiène, du choix des sites, du drainage des marais et de l’urbanisme dans la réussite de l’acclimatement.

Il compare les performances démographiques des différentes populations :

  • les Français métropolitains, souvent vulnérables à l’arrivée ;

  • les Espagnols et Italiens, qu’il juge généralement mieux adaptés au climat méditerranéen ;

  • les Israélites algériens et les musulmans indigènes, présentés comme parfaitement acclimatés mais soumis à d’autres contraintes sociales et sanitaires.

Bertillon souligne que la simple présence européenne ne suffit pas : sans politiques d’assainissement, de logement et de protection sanitaire, la colonisation reste fragile. Il critique implicitement les implantations improvisées et mal planifiées.

Il conclut que l’Algérie montre clairement que l’« acclimatement » n’est pas une fatalité biologique immuable : il dépend largement des conditions matérielles de vie, de l’hygiène et de l’organisation sociale. Le cas algérien devient ainsi, pour lui, un argument général en faveur d’une colonisation scientifiquement encadrée plutôt que laissée au hasard.